Unité 06 · L’épreuve des saisons
Semaine 7 du programme · 45 minutes · 10e et 11e année · chaque projet, seul ou en groupe.
Ce que tu vas faire
Tu mets la machine à l’épreuve avec quelque chose que ton projet connaît de première main. Tu choisis quoi :
- le lieu où vit ton projet (suggéré pour la 10e) ;
- les gens pour qui il est, ou quelqu’un comme toi qui pense ce que ton projet défend (suggéré pour la 11e) ;
- le thème de ton projet : un sport, un métier, une musique, une question.
D’abord, sans écrans, tu le décris toi-même de mémoire : dix traits. Ensuite, on demande la même chose à la machine, sans lui donner aucun contexte. Et tu traques ce qu’elle a inventé. Si ton thème ne s’y prête pas, ta table met à l’épreuve un lieu que tout le monde connaît, sans le nommer.
Pourquoi ça vaut le coup
La machine parle avec beaucoup d’assurance de lieux et de gens qu’elle ne connaît pas. Si tu apprends à voir ce qu’elle invente, ce qu’elle suppose et ce qu’elle ne sait pas, elle ne t’aura plus. Et ce que tu corriges rend ton projet plus vrai.
Comment se déroule la séance
- Anticiper. Dix traits sur papier, de mémoire, et ce que tu penses que la machine va dire. Avant de l’interroger, le budget au tableau et la vérification à voix haute : la consigne ne contient ni le nom du lycée, ni celui du quartier, ni celui de personne.
- Agir. La personne qui accompagne pose la question, une par table, et la réponse est lue à voix haute. Ce qu’elle réussit surprend. Puis l’audit en trois colonnes : inventé · supposé · ne sait pas. Et une infographie d’une page, à la main : « ce que la machine croit » face à « ce qui est ».
- Ton projet. Sur ta fiche : la correction que toi seul peux faire, et où elle entre dans ta version de novembre.
- Réfléchir. Deux infographies, lues à voix haute, face aux critères. « Qu’est-ce que l’IA a décidé ici qu’une personne aurait dû décider ? »
- Sans écrans. Les dix traits et ton hypothèse s’écrivent sans téléphone, sans ordinateur et sans IA, et c’est là aussi qu’on décide combien de consignes seront envoyées et ce qu’elles ne contiendront jamais. Ta feuille est la mesure avec laquelle tu audites ensuite la machine.
Les critères, en questions
- C1. Chaque chose qu’a dite la machine a-t-elle son étiquette : inventé, supposé ou ne sait pas ?
- C2. Chaque correction vient-elle de ce que tu sais, et pas d’une autre source extérieure ? (11e : et évites-tu de remplacer un stéréotype par un autre ?)
- C3. La correction entre-t-elle dans ton projet, et peux-tu dire où ?
Ce que tu décides
Une génération par table, en texte ; une image seulement si le projet est visuel et que la table le justifie. On la compte au tableau. L’audit et la correction sont à toi : la machine ne fait que deviner.
Si ton projet est sans IA
Tu fais le même test, avec les mêmes critères, sur une source sans IA qui généralise sur ton lieu, tes gens ou ton sujet : un dépliant ou un guide, un article d’encyclopédie, un article de presse, un manuel, une banque d’images, ou ce que dit de mémoire quelqu’un d’une autre table qui ne le connaît pas. D’abord tes dix traits ; ensuite la source, lue à voix haute ; et le même audit : a inventé · a supposé · ne sait pas. Si tu préfères, tu peux auditer à la place ce que la machine répond à ta table, sans l’utiliser toi-même : c’est toi qui décides. À l’écoute, la question pour toi est : qu’est-ce que tu as décidé, toi, et pourquoi ?
Pour t’inspirer
- Ce qui ne vit qu’ici — une infographie pour que quelqu’un de l’extérieur comprenne pourquoi une chose d’ici compte.
Attention
On travaille seulement avec ce que la machine dit ici, dans la salle : sans chiffres venus d’ailleurs. Si la machine lâche un stéréotype qui blesse, on coupe, on le nomme et on l’analyse pour ce qu’il est. Personne du groupe ne sert d’exemple. On ne génère pas le visage de personnes réelles.
Ceci est un plan : l’Unité n’a pas encore eu lieu.
