Code pénal RD × Éducation

Direction

Des décisions de direction prises avec un cadre légal clair et à portée de main : ce que la loi protège, ce qu'il vous revient d'organiser et quelles preuves démontrent que votre établissement a bien agi.

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Rien ne se lance tout seul : c’est vous qui décidez.

Ce que ce Code protège pour vous

Le Code pénal (Ley 74-25, modifiée par la Ley 44-26) s'applique depuis août 2026 Art. 393Ley 74-25. Sa première nouvelle est rassurante : la responsabilité pénale est strictement individuelle — « nul ne pourra être sanctionné pénalement pour le fait d'autrui » Art. 2Ley 74-25. Vous répondez de ce que vous faites ou de ce que vous omettez alors que vous étiez tenu d'agir, non de l'infraction d'autrui.

La loi protège aussi votre fonction. Menacer un agent public pour qu'il accomplisse ou s'abstienne d'accomplir un acte de ses fonctions — modifier une note, taire un signalement — est puni de 5 à 10 ans Art. 309Ley 74-25. Le vol commis dans un établissement scolaire est un vol aggravé Art. 226Ley 74-25. Et une précision honnête : face aux critiques des familles sur le service rendu, l'agent public ne peut poursuivre que les propos qui portent atteinte à sa vie intime ou privée, ou qui sont manifestement injurieux ou diffamatoires Art. 211Ley 74-25 ; une réclamation raisonnable n'est pas une infraction, et un bon canal de réclamations la transforme en amélioration. Un excès, en revanche, peut engager la responsabilité civile Art. 211Ley 74-25.

Ce qui a désormais un nom

Les comportements que votre équipe Orientación y Psicología (accompagnement et psychologie) connaît de près constituent désormais des infractions pénales lorsque leur auteur est un adulte. Le harcèlement « dans le cadre éducatif » — intimider, insulter, se moquer, encourager l'exclusion ou l'isolement — est un délit Art. 121Ley 74-25, aggravé et passible de réclusion (prisión mayor) lorsque la victime est mineure ou lorsqu'il conduit au suicide Art. 122Ley 74-25 ; la Ley 44-26 a retiré le mot « bullying », pas le comportement. Le harcèlement est aggravé lorsqu'il survient dans le cadre d'une relation éducative ou de formation Art. 144Ley 74-25.

Pour la gestion, deux autres noms comptent. Refuser l'accès à l'éducation pour des motifs discriminatoires est un délit Art. 173Ley 74-25, et la discrimination commise par un agent public dans l'exercice de ses fonctions constitue une infraction distincte Art. 280Ley 74-25. Admettre et garder tout le monde — celui qui n'a pas d'acte de naissance, l'adolescente enceinte, celui qui n'a pas payé — était déjà une obligation du MINERD (ministère dominicain de l'Éducation) et de la Ley 136-03 (Code pour la protection des enfants et des adolescents) Art. 48Ley 136-03 ; c'est désormais le comportement que le Code soutient.

Votre devoir d'organiser la protection

La direction est garante : celui qui a le devoir et la possibilité d'éviter un résultat, et qui ne le fait pas, peut répondre par omission Art. 12Ley 74-25. Dit positivement : organiser la protection est votre meilleure défense. Une surveillance effective des espaces et des activités ; la remise de chaque élève uniquement à la personne qui en a la garde légale — l'enlever ou le retenir en dehors des droits reconnus est un délit Art. 220Ley 74-25 — ; et le respect des ordonnances de protection que l'établissement reçoit, comme celle qui interdit à une personne d'approcher un élève ou de venir le chercher : les violer est un délit Art. 133Ley 74-25.

La Ley 136-03 assigne au chef d'établissement des devoirs qui lui sont propres : en cas d'absences répétées ou de décrochage, contacter la famille, laisser une trace écrite, exiger le retour et, à défaut, saisir le CONANI (l'organisme national de protection de l'enfance) Art. 47Ley 136-03. Les Normas de Convivencia (Ordenanza 05-2023, Normes de vie scolaire du MINERD, Art. 10, 14 et 46) demandent ce qu'un bon établissement possède déjà : des équipes de médiation, un règlement de vie scolaire à jour, un registre des signalements. La question qui organise tout : si l'on vous demandait demain si l'établissement a bien agi, quel document le démontrerait ? Ce qui est écrit s'écrit avant l'incident, pas après.

Signaler : quand, à qui, comment

Quand. Dès la connaissance ou le soupçon. L'obligation de signaler les situations d'abus s'impose aux chefs d'établissement et aux fonctionnaires, du public comme du privé, et celui qui signale de bonne foi est exempt de responsabilité pénale et civile Art. 14Ley 136-03. Omettre d'informer de mauvais traitements ou d'atteintes sexuelles contre un mineur est puni de 2 à 3 ans Art. 325Ley 74-25, et l'abstention de signalement de la part d'un agent public est punie d'une peine aggravée Art. 327Ley 74-25.

À qui. Le circuit remonte de la direction au district puis à la direction régionale du MINERD, la Dirección de Orientación y Psicología faisant office d'instance de pilotage ; en cas d'abus sur un enfant, la transmission au Ministerio Público (le parquet) ou au CONANI doit intervenir dans un délai maximal de 24 heures, et en cas de danger vital le district est informé dans les 48 heures (Código de Ética, Code d'éthique du MINERD, Orden 22/2023, Art. 42 ; Ordenanza 05-2023, Art. 27).

Comment. Recevoir, consigner et transmettre — dans cet ordre et par écrit. Face à une infraction possible, l'investigation appartient aux autorités : l'établissement documente et assure le suivi, il ne se substitue pas au parquet. Trois erreurs aggravent n'importe quel dossier : les confrontations entre élèves, les silences négociés et l'altération ou la rétention de preuves — cette dernière pouvant constituer une entrave Art. 326Ley 74-25 ou un recel Art. 261Ley 74-25. Menacer une victime pour qu'elle ne signale pas ou qu'elle se rétracte est un délit Art. 328Ley 74-25.

L'environnement numérique

La politique numérique de l'établissement protège l'image des élèves, leurs données et l'identité institutionnelle. Divulguer l'image ou les données d'un mineur d'une manière qui le stigmatise ou nuit à son développement est puni de 2 à 5 ans Art. 186Ley 74-25 : les photos et les réseaux de l'établissement exigent consentement et discernement. Recueillir, conserver ou divulguer des données personnelles par des moyens automatisés sans consentement est un délit Art. 198Ley 74-25 : listes, notes et dossiers se gèrent, ils ne se partagent pas.

La diffusion de contenus intimes et les montages faux sont punis de peines sévères, aggravées lorsque la victime est un élève Art. 192Ley 74-25, et l'usurpation d'identité couvre les faux comptes créés au nom d'un enseignant, d'un élève ou de l'établissement lui-même Art. 188Ley 74-25. Complétez le tableau par une règle de prise de parole : sur les cas de harcèlement ou d'abus, on ne s'exprime pas devant la presse — la communication revient aux instances désignées (Código de Ética, Orden 22/2023, Art. 14). Une politique numérique écrite et partagée transforme ces articles en habitudes de vie scolaire.

Les adolescents et la loi

Lorsque l'auteur possible d'un fait grave est un élève, la direction gère deux horloges. Celle de la discipline : des mesures éducatives assorties d'une procédure régulière, sans châtiments corporels, pécuniaires ni collectifs Art. 48Ley 136-03, l'exclusion définitive comme sanction étant interdite durant l'année scolaire, sauf lorsque le fait porte atteinte à l'intégrité et à la sécurité de la communauté éducative — cas que les instances internes et externes de l'établissement évaluent ensemble (Ordenanza 05-2023, Art. 27). Et celle du pénal des adolescents : les moins de 13 ans ne sont jamais pénalement responsables Art. 223Ley 136-03 — face à un acte présentant le caractère d'une infraction, ce sont des mesures de protection qui s'activent —, et les adolescents de 13 à 17 ans — l'Art. 225 le précise : jusqu'au jour de leurs 18 ans, ce jour inclus — répondent devant la justice pénale des adolescents Art. 225Ley 136-03, dont la finalité est l'éducation et l'insertion sociale Art. 326Ley 136-03, avec une privation de liberté exceptionnelle Art. 336Ley 136-03.

La charnière est fixée par les Normas de Convivencia : les comportements susceptibles de constituer une infraction sont transmis au parquet de l'enfance et de l'adolescence lorsque l'élève a de 13 à 17 ans (Ordenanza 05-2023, Art. 30). Les deux voies s'ajoutent, elles ne se remplacent pas : la transmission ne dispense pas de la mesure éducative, et la mesure éducative ne remplace jamais la transmission. Conduire ce double parcours — en protégeant à la fois la victime et l'élève en conflit avec la loi — est la compétence nouvelle que ce cadre demande à la gestion.

Cinq pratiques qui protègent votre établissement

  1. Observer. Hiérarchisez les risques réels de votre établissement — et non une liste générique — : espaces sans surveillance, entrées et sorties, climat entre les classes. La qualité de garant s'assume en regardant à temps Art. 12Ley 74-25.
  2. Documenter. Une bonne trace écrite répond à ce qui s'est passé, quand, qui est intervenu et ce qui a été décidé. Le registre des signalements et les comptes rendus de l'équipe de gestion sont la preuve de votre diligence (Ordenanza 05-2023, Art. 46).
  3. Signaler. Des circuits écrits : qui reçoit, qui transmet, dans quel délai, qui supplée quand le responsable est absent. Signaler met à l'abri ; se taire expose Art. 325Ley 74-25.
  4. Accompagner. Médiation, discipline positive, suivi des victimes et des familles : en cohérence avec le principe d'intervention minimale de l'Art. 2, num. 13 Art. 2Ley 74-25.
  5. Protéger l'information. Des dossiers sous clé, des cas commentés uniquement avec ceux qui doivent intervenir, des données protégées Art. 198Ley 74-25. La confidentialité est une protection, non une opacité.

Des idées reçues dont il faut se défaire

« Le chef d'établissement répond pénalement de tout ce que fait son personnel. » Faux. La responsabilité pénale est individuelle Art. 2Ley 74-25. Vous répondez de votre propre action ou omission — comme instigateur ou complice par aide Art. 3Ley 74-25, comme complice Art. 5Ley 74-25 ou comme garant qui n'a pas agi Art. 12Ley 74-25 —, jamais du fait d'autrui en lui-même.

« Signaler est facultatif ; cela regarde la famille. » Faux. Pour les chefs d'établissement et les enseignants, du public comme du privé, signaler la connaissance ou le soupçon d'un abus est une obligation légale Art. 14Ley 136-03, et omettre d'informer de mauvais traitements infligés à un mineur est un délit Art. 325Ley 74-25.

« Un père peut emmener son enfant quand il veut, même s'il existe une décision de justice. » Non. Enlever ou retenir un mineur en dehors des droits reconnus est un délit Art. 220Ley 74-25, et violer une ordonnance de protection en est un également Art. 133Ley 74-25. L'établissement qui vérifie la garde légale avant de remettre l'enfant protège l'élève et son équipe.

Le commentaire de l’équipe

Ce que ce chapitre vous laisse

Español — La version espagnole est le texte de référence : c’est sur elle qu’a porté la vérification juridique décrite dans le rapport d’audit.

Créé par aiLearning.global sous la supervision de Carlos Miranda Levy et des équipes Humain + IA de CEMI.ai — Collectively Enhanced Multiple Intelligence.

aiLearning.global CEMI.ai

Rapport d’audit — la revue juridique indépendante de ce matériel, avec les erreurs trouvées et corrigées (page en espagnol).

Un apprentissage IA complet conçu par des éducateurs·rices, pour des éducateurs·rices. De la sensibilisation à la maîtrise.