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Tes droits, tes responsabilités et à qui t'adresser — expliqués avec les articles sous les yeux.

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Rien ne se lance tout seul : c’est vous qui décidez.

Ce que la loi protège pour toi

Depuis août 2026, la République dominicaine a un nouveau Code pénal. Avant de penser aux sanctions, regarde ce qu'il dit de toi : quand la victime d'une infraction est un enfant ou un adolescent (NNA), la loi répond avec plus de force. Si quelqu'un te frappe et te cause une blessure grave, la peine est doublée Art. 147Ley 74-25. Si un adulte te harcèle, le harcèlement est considéré comme aggravé Art. 122Ley 74-25. Si des images intimes de toi sont diffusées, la peine va jusqu'à la réclusion (prisión mayor) Art. 192Ley 74-25.

Cette page n'est pas une liste de menaces. C'est la carte d'un bouclier que la loi a construit autour de toi — et qui fonctionne d'autant mieux que tu sais qu'il existe.

Toi et la loi pénale : ce que tu dois savoir

D'abord, la question que tout le monde se pose de travers : à partir de quel âge est-on pénalement responsable ? La réponse se découpe en tranches :

  • Moins de 13 ans : il n'y a jamais de responsabilité pénale. On ne peut ni t'arrêter, ni te priver de liberté, ni te sanctionner pénalement Art. 223Ley 136-03.
  • De 13 à 17 ans : tu réponds devant la justice pénale des adolescents, un système à part, avec un tribunal et un parquet spécialisés Art. 225Ley 136-03 — et le jour même de tes 18 ans aussi : la loi dit « jusqu'au jour où il atteint 18 ans, ce jour inclus ». Sa finalité déclarée est « l'éducation, la réhabilitation et l'insertion sociale » Art. 326Ley 136-03 : sanctions socio-éducatives et mesures d'accompagnement Art. 327Ley 136-03. La privation de liberté est exceptionnelle Art. 336Ley 136-03 et, sous ses formes à domicile et de temps libre, elle ne doit pas empêcher ta présence à l'établissement scolaire Arts. 337-338Ley 136-03.
  • À partir du lendemain de tes 18 ans : ce sont les peines du Code pénal des adultes qui s'appliquent.

Que le système cherche à t'éduquer ne veut pas dire qu'il ne se passe rien : les conséquences sont réelles et elles restent dans ta vie. Cela veut dire que la loi parie sur ton avenir plutôt que de l'annuler. Et attention : la discipline scolaire et une procédure pénale sont deux voies distinctes et indépendantes Art. 30Ordenanza 05-2023.

Le harcèlement a désormais un nom

Pour la première fois, le Code pénal dominicain décrit avec des mots exacts ce que tu connais de près : intimider, insulter, se moquer, encourager l'exclusion ou l'isolement « dans le milieu éducatif » pour faire honte à quelqu'un, l'humilier ou l'isoler. Cela s'appelle le harcèlement et c'est une infraction pénale Art. 121Ley 74-25. Le mot « bullying » a disparu du texte légal avec la Ley 44-26, mais le comportement reste qualifié pénalement, à l'identique, sous ce nom.

Et quand la victime est un enfant ou un adolescent — ou quand le harcèlement conduit la victime au suicide — cela devient un harcèlement aggravé, passible de réclusion (prisión mayor) pour les auteurs adultes Art. 122Ley 74-25. Dans ton établissement, en outre, le harcèlement scolaire est une faute très grave dotée de sa propre procédure Art. 23Ordenanza 05-2023.

Pourquoi est-ce important qu'il porte un nom ? Parce que ce qui a un nom juridique peut être signalé, documenté et arrêté. Ce n'est plus « du chahut » ni « des histoires de gamins » : c'est un comportement que ton accompagnateur d'apprentissage, ta famille et le parquet décrivent avec les mêmes mots.

Ton image, ton corps, ton téléphone

La loi traite ton téléphone pour ce qu'il est : une extension de ton intimité. Cela te protège — et cela t'engage.

  • Partager l'image intime d'une autre personne — même si on te l'a envoyée, même si « tout le monde l'a » — est une infraction, et si la personne sur l'image est mineure, la peine monte à la réclusion (prisión mayor) Art. 192Ley 74-25. Faire suivre compte aussi comme diffuser.
  • Créer un montage avec le visage de quelqu'un qui porte atteinte à son honneur ou à son image : 2 à 5 ans Art. 192, Párr. ILey 74-25 — la loi punit les images, vidéos ou enregistrements audio faux ou altérés « par le moyen de montages ou par toute autre forme », et cette formule ouverte englobe les montages réalisés avec l'intelligence artificielle, même si le Code ne les nomme pas.
  • Si quelqu'un fait pression sur toi avec une image de toi pour t'extorquer de l'argent, d'autres photos ou ton silence : ce qu'on appelle la sextorsion est un chantage Art. 233Ley 74-25 et une diffusion avec intention d'extorsion Art. 192, Párr. IILey 74-25. La loi est de ton côté, pas de celui qui menace.
  • Si un adulte te contacte sur les réseaux à des fins sexuelles — ce qu'on appelle le grooming — c'est déjà du harcèlement sexuel par voie électronique Art. 145, Párr. ILey 74-25, et te fournir de la pornographie relève de l'exploitation sexuelle Art. 180.6Ley 74-25. Et s'il y a ensuite une agression sexuelle ou un viol, avoir utilisé le cyberespace ou une plateforme numérique pour t'atteindre est une circonstance qui aggrave la peine Art. 134, Párr. II.5Ley 74-25 Art. 137.7Ley 74-25.
  • Ouvrir un faux compte au nom d'un camarade ou d'un enseignant, c'est de l'usurpation d'identité Art. 188Ley 74-25.

Règle simple avant de publier : si la personne sur la photo ne dirait pas oui, tu connais déjà la réponse.

Si quelqu'un te fait du mal — ou si tu en es témoin

Parler, ce n'est pas « balancer » : c'est activer un système qui existe pour toi. Tu as le droit d'être entendu, expressément dans le cadre scolaire Art. 16Ley 136-03, et le système éducatif doit disposer de canaux de signalement dans les établissements, les districts et les directions régionales Art. 50Ley 136-03.

À qui en parler ? À ton accompagnateur ou accompagnatrice d'apprentissage, à un enseignant de confiance, à la direction, à ta famille. N'importe lequel d'entre eux fait office de porte d'entrée, parce que les adultes de l'établissement sont obligés par la loi d'agir dès qu'ils ont connaissance — ou même simplement soupçon — d'un abus Art. 14Ley 136-03 ; se taire peut être une infraction pénale pour eux Art. 325Ley 74-25.

Et le fait de parler est protégé : qui signale de bonne foi est exonéré de responsabilité Art. 14Ley 136-03, et menacer quelqu'un pour qu'il ne signale pas ou qu'il se rétracte est, en soi, une infraction Art. 328Ley 74-25. Si ce que tu as vu arrive à quelqu'un d'autre, ta voix compte tout autant : beaucoup de protections ne s'activent que lorsque quelqu'un parle en premier.

Ce que tu peux faire dès aujourd'hui

  1. Demande la permission avant de publier. Photo, vidéo ou audio où apparaît une autre personne : demande d'abord. C'est l'habitude qui te garde toujours du bon côté de l'Art. 186 et de l'Art. 192.
  2. Ne fais jamais suivre de contenu intime. Ni « pour prévenir », ni « pour me moquer de celui qui l'a envoyé ». Efface-le et signale-le : faire suivre, c'est diffuser.
  3. Garde des preuves si on te harcèle. Captures d'écran datées, noms des témoins. Ne réponds pas par des insultes : documente et transmets.
  4. Désigne tes deux adultes de confiance — un dans l'établissement, un à l'extérieur — avant d'en avoir besoin : dans un mauvais moment, on réfléchit mal.
  5. Lis le règlement de vie scolaire de ton établissement. Il doit être disponible et présenté chaque année Art. 14Ordenanza 05-2023. Connaître les règles ne te limite pas : cela te donne le terrain ferme d'où réclamer les tiennes.

Des idées reçues dont il vaut mieux se défaire

« Maintenant, on t'envoie en prison pour du bullying »

La réalité — Faux. Moins de 13 ans : il n'y a jamais de responsabilité pénale Art. 223Ley 136-03. De 13 à 17 ans : justice spécialisée, sanctions socio-éducatives et privation de liberté exceptionnelle Art. 336Ley 136-03. Les peines de prison des Art. 121-122 visent les adultes.

« Si je raconte ce que j'ai vu et que je me trompe, c'est moi qu'on accuse »

La réalité — La dénonciation calomnieuse suppose de mentir sciemment Art. 329Ley 74-25. Raconter de bonne foi ce que tu as vu ou ce que tu soupçonnes est expressément protégé Art. 14Ley 136-03.

« Filmer et partager la bagarre de la récré, c'est juste pour rire »

La réalité — Diffuser des images qui stigmatisent un mineur est une infraction pour un adulte Art. 186, Párr. IIILey 74-25 ; pour toi, c'est une faute grave ou très grave dans l'établissement Art. 23Ordenanza 05-2023 et, à partir de 13 ans, cela peut remonter à la Fiscalía de Niños, Niñas y Adolescentes (le parquet des mineurs).

Le commentaire de l’équipe

Ce que ce chapitre vous laisse

Español — La version espagnole est le texte de référence : c’est sur elle qu’a porté la vérification juridique décrite dans le rapport d’audit.

Créé par aiLearning.global sous la supervision de Carlos Miranda Levy et des équipes Humain + IA de CEMI.ai — Collectively Enhanced Multiple Intelligence.

aiLearning.global CEMI.ai

Rapport d’audit — la revue juridique indépendante de ce matériel, avec les erreurs trouvées et corrigées (page en espagnol).

Un apprentissage IA complet conçu par des éducateurs·rices, pour des éducateurs·rices. De la sensibilisation à la maîtrise.